Les souvenirs de Roland du Luart

Dans deux mois, Roland du Luart va quitter la présidence du conseil général.
«Les marques de sympathie des gens font que j’ai l’impression d’entendre mon éloge funèbre en étant vivant». Dans exactement deux mois, Roland du Luart quittera son poste de conseiller général du canton de Tuffé occupé pendant 31 ans et de fait, la présidence du conseil général de La Sarthe (mission assurée pendant 13 ans juste après François Fillon).
Ce retrait de la vie politique départementale n’est pas vraiment une surprise. L’ancien plus jeune maire et sénateur de France avait clairement annoncé sa décision en 2008. «A cette époque on ne parlait pas encore de la réforme territoriale et je savais que 2011 était l’échéance normale de renouvellement du conseil général. Je souhaite prendre du recul. A 70 ans, les semaines de 80 heures commencent à peser».
La carrière politique de Roland du Luart a débuté en 1965. Le jeune homme de 24 ans est élu maire du Luart après avoir terminé ses études de sciences politiques. Il explique son engagement précoce : «J’appartiens à une famille qui a toujours aimé la politique pour être au service des autres».
En 1977, Roland du Luart est élu sénateur de la Sarthe. «Je ne voulais pas me présenter aux élections législatives car à cette époque c’est Michel d’Aillières qui était le député de la cinquième circonscription. J’ai un principe, on ne tire pas sur son camp politique et de toute façon, Michel était imbattable».
Forcément à l’heure du bilan, les souvenirs s’enchaînent. «Etre président du conseil général, c’est un gros travail et on ne dort pas toujours bien mais c’est une des rares fonctions où l’on peut changer le cours des choses».
L’élu pense tout de suite à la création de l’autoroute A28. «On a mis 20 ans pour y arriver à cause d’un pique-prune pendant que des gens restaient enclavés. Plus récemment, je pense à la création de la maison de l’enfance, à la nouvelle maison des sports, au MMArena..».
De bons souvenirs que «la lenteur administrative» gâte à peine même si Roland du Luart admet «qu’elle m’a un peu agacé dans ma carrière politique».
Les autres points de satisfaction sont à puiser dans ces victoires électorales. «Je pense bien sûr à 1998, date à laquelle j’ai été élu président du Conseil général à la demande de François Fillon mais ma véritable satisfaction est le renouvellement de 2001. Cette année-là, Yvon Luby, maire d’Allonnes et communiste, déclare qu’il considère que j’ai bien géré le département. Résultat, je suis réélu président à l’unanimité. Pour moi cela montre, qu’on peut dépasser les clivages si on est un homme juste et au service de l’intérêt général».
Roland du Luart a bien évidemment quelques regrets. Mais cette fois, c’est un peu plus le sénateur qui s’exprime. «Aujourd’hui, on fait trop de lois qu’on n’arrive pas à assimiler. Ce sont des lois de circonstance qui engorge le Parlement».


