La Ferté-Bernard : des médecins fonctionnaires à la mairie

La Ferté-Bernard va accueillir le premier centre municipal de santé.
Les élus fertois ont-ils trouvé la solution pour lutter contre la pénurie de médecins ?
C’est en tout cas ce que laisse à penser l’annonce faite par la municipalité mardi soir. «Nous avons décidé de créer un centre municipal de santé à compter du 1er septembre».
Une sorte de “pôle médical” qui se situera au 17 rue Hoche, sur le site du COSEC, précisément dans l’ancienne maison du gardien et où se côtoieront plusieurs professionnels de santé.
«Nous venons de recruter un premier médecin salarié de la ville. Il sera le coordonnateur de ce centre» explique Jean-Carles Grelier, le maire. «Avant la fin de cette année», un second médecin le rejoindra.
Deux étudiants, issus du bassin de vie de La Ferté-Bernard, actuellement internes, ont en plus donné leur accord de principe pour venir renforcer cette équipe.
Visites à domicile
«Ces médecins exerceront exactement comme les médecins libéraux. Le centre municipal de santé sera ouvert à tous et sera mis à la disposition de ceux qui n’ont pas déjà un médecin traitant».
Des visites à domicile seront proposées aux patients qui ne pourraient se déplacer.
Les médecins assureront aussi des tours de gardes aux côtés de leurs collègues libéraux.
Si les élus ont préféré cette solution à celle d’une maison de médicale, c’est pour une raison simple : «Elles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Dernièrement encore, la commune d’Ecomoy a investi dans une maison médicale qui reste désespérément vide».
Statut de salarié
La différence majeure entre ces deux structures réside dans le fait qu’ici, sur La Ferté-Bernard, les médecins auront donc un statut de salarié.
Les traditionnels honoraires seront ainsi reversés à la ville.
«Certains pourraient être choqués que la ville s’investisse ainsi aux lieux et place du privé. A ceux-là je souhaite dire que cette intervention repose sur la carence du secteur libéral à assurer son propre renouvellement. Il s’agit aussi d’une mesure d’intérêt général puisqu’elle concerne toute la population» anticipe le maire qui informera «personnellement» la population de cette action par courrier.
Quelques chiffres
Comme pour appuyer ses propos, Jean-Carles Grelier rappelait quelques chiffres : «Depuis plusieurs mois, la ville s’était mise en recherche de nouveaux médecins, 1 500 ont été approchés, 21 contacts ont été noués, 7 rendez-vous fixés et pas un médecin n’avait accepté de venir s’installer seul ou en maison médicale».
En 2009, sur le territoire national 5 113 médecins généralistes ont été diplômés. Seul 450 ont émis le souhait de s’installer en libéral d’où une compétition acharnée entre les 36 000 communes qui composent la France.


