La Ferté-Bernard : coup de pompe à la station

Faire le plein revient de plus en plus cher. Mais il faut bien rouler...
Le prix de l’essence augmente…. L’expression semble déjà rentrer dans la catégorie des pléonasmes tant cela va de soit.
Comme partout ailleurs, les automobilistes fertois subissent les augmentations constantes de carburant.
Dans certaines stations, le litre de diesel atteint les 1,45 € ! Dans les grandes surfaces, il flirtait avec arrogance autour des 1,28 €. Qu’en pensent les usagers ? Tour d’horizon avec pour guide quelques rencontres.
«L’essence augmente ? Ca ne date pas d’aujourd’hui ! C’est une aberration. Moi encore, ça va, je ne fais le plein qu’une fois par mois parce que je travaille à côté et que mon mari et routier…», explique tout d’abord Séverine Viret.
Tandis qu’elle parle, les chiffres défilent sur le cadran du compteur à la façon d’une machine à sous, d’une machine à perdre des sous.
Malgré son habitude de “faire le plein”, elle ne peut s’en empêcher d’écarquiller les yeux au fur et à mesure que la roue de l’infortune tourne, pour enfin s’arrêter… Jackpot ou presque : «Moins de 50 litres…. pour plus de 63 €».
Une journée de travail pour un “smicard” engloutie en quelques minutes.
«Vous savez moi, je n’ai rien à vous dire. Je suis en contrat aidée. Je dois bien faire le plein pour aller travailler. La hausse du prix de l’essence ne me fait pas faire de concessions… il y a déjà bien longtemps que je les ai prises¼» indique une femme, un peu plus loin. Elle souhaite garder l’anonymat tant sa situation quelle qualifie elle même de «précaire» la met mal à l’aise.
Elle partait de la Ferté-Bernard pour aller pointer à son travail à 25 kilomètres de là, au volant d’une super 5 essence.
D’une consommation moyenne de près de 8 litres aux 100 kilomètres, elle brûle chaque jour 4 litres pour pouvoir travailler, soit en ce moment environ 5 euros. A raison de 5 jours par semaine la facture mensuelle grimpe pour atteindre la barre du billet de 100 €. Plus de 10 % de son salaire part en fumée.
Du côté des jeunes, il est aussi question de billet. Mais de 20 cette fois. «Généralement, je ne mets pas plus» sourit la jeune Marie Grémy, lycéenne à La Ferté-Bernard.
Pour les 4×4, c’est le chéquier qu’il faut généralement sortir. Mais les propriétaires de ces véhicules énergivores n’ont pas le témoignage facile.
Ils ne diront évidemment pas que dépenser plus pour pouvoir rouler moins est un style de vie auquel ils aspirent.
En une demi-heure, plus d’une trentaine de véhicules se seront succédé dans cette station-service.
Le bilan des témoignages recueillis montre que la hausse du prix de l’essence rapide de ces derniers jours contrarie et inquiète les automobilistes mais que pour l’instant, ils n’ont pas encore senti le besoin de modifier leurs habitudes de transport.
Si ce n’est pour Francine Housseau.
Tant pour des raisons comptables qu’écologiques, elle a acquis au mois de janvier un véhicule hybride fonctionnant à l’essence et au GPL.
Aujourd’hui, elle semble pour le moins ravie. Son budget essence a considérablement été réduit même si les calculs exacts n’ont pas encore été entrepris. Seul petit regret : «A ma connaissance, il n’y a que deux stations qui proposent du GPL sur La Ferté-Bernard».


