Bessé-sur-Braye : Colwell, c’est grave !

150 personnes ont manifesté devant l'entreprise mardi soir.
Le plan de sauvegarde de l’emploi qui vient de se conclure par la suppression de 22 postes annonce-t-il une future liquidation judiciaire pour l’imprimeur Colwell ? Mardi soir, une délégation comprenant des salariés et des élus a été reçue par le directeur du site, Mr Lelarge. Lors de cette réunion impromptue, ce dernier se serait montré très pessimiste pour l’avenir de l’entreprise, leader mondial des nuanciers de couleurs, mais dont l’activité a été placée en redressement judiciaire depuis quelques semaines. « S’ils ne retrouvent pas un repreneur avant février-mars, l’activité semble fortement compromise sur Bessé-sur-Braye. Là, on ne parle plus d’une vingtaine d’emplois menacés mais bel et bien d’une centaine » a annoncé Stéphane Martin, l’un des membres de la délégation, accessoirement directeur du supermarché low-cost à Bessé.
Le conseiller général Michel Letellier, qui a également assisté à la réunion, a appelé à une mobilisation « des collectivités locales », dont la communauté de communes et le Conseil général de la Sarthe par le biais de sa structure « Sarthe développement » : « il faut faire intervenir madame le député Béatrice Pavy afin qu’elle se saisisse immédiatement du dossier et qu’elle puisse sauver notre région sur le plan économique ». Michel Letellier a également appelé à une mobilisation des communes voisines du Loir-et-Cher avec lesquelles les Besséens ont toujours travaillé. Le territoire de la commune de Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher) « n’est qu’à 300 mètres d’ici » a affirmé Michel Letellier. « Il faut que l’on se retrousse tous les manches. On a perdu déjà 200 emplois en l’espace de trois ans et demi. C’est très lourd et le pari de maintenir l’activité de Colwell à Bessé n’est pas gagné d’avance » a complété Stéphane Martin.
Trouver 500 000 euros
Toujours selon ce dernier, 500 000 euros seraient nécessaires pour poursuivre l’activité : « au regard de la sauvegarde de l’emploi que l’on pourrait générer ici, c’est une somme tout à fait dérisoire. Globalement, les actionnaires américains ont refusé de remettre de l’argent au pot pour faire fonctionner la société. D’après Monsieur Lelarge, aucun investissement n’a été fait dans cette entreprise depuis quatre ou cinq ans. Mais les besoins en fond de roulement ne semblent pas surdimensionnés pour que l’activité puisse continuer. Ce soir, nous avons eu l’impression que le directeur voulait faire des choses mais on a également constaté que les moyens qui lui restent ne sont pas brillants ».
Actuellement, l’entreprise est toujours à la recherche d’un repreneur : « il y a des contacts, un mandataire judiciaire travaille dessus avec le directeur mais il faut avant toute chose évaluer l’actif et le passif. Et on n’a plus que quelques semaines pour retrouver un repreneur qui injecte vraiment de l’argent » glisse Michel Letellier. Mais son arrivée ne garantirait pas forcément la pérennité du site sarthois car il pourrait aussi délocaliser l’activité. Avant il faudra procéder à un inventaire précis du matériel pour que ce nouvel investisseur puisse évaluer l’état réel de l’entreprise.


