La Ferté-Bernard : les mairies peinent à emprunter

Pour financer leurs travaux, les mairies ont souvent recours à l'emprunt bancaire. Mais cela devient de plus en plus difficile en période de crise.
Jean-Carles Grelier, le maire de La Ferté-Bernard et président de la communauté de communes de l’Huisne sarthoise, a-t-il jeté un pavé dans la mare ?
Lors de l’inauguration des travaux de rénovation de l’église de La Chapelle-du-Bois qui avait lieu dernièrement, l’élu a demandé aux banques «de prendre leurs responsabilités et de continuer à prêter aux collectivités pour financer leurs projets».
Sauver des emplois
Pour Jean-Carles Grelier, il en va de la survie de plusieurs milliers d’emplois dans le secteur du bâtiment.
Mais voilà en cette période de crise, les établissements bancaires ont tendance à durcir les conditions d’accès aux prêts. L’élu déclarait dernièrement que cette situation est «préoccupante car les collectivités locales jouent un grand rôle dans l’économie française. Elles réalisent 85% des investissements».
Premiers effets
Pour Jean-Carles Grelier, «nous commençons à sentir les partenaires financiers réservés sur les emprunts. Nous sommes en attente de réponses pour savoir si nous allons reconduire nos projets».
“Pas de souci”
A Beaufay, Jean-Pierre Vogel, maire de cette commune et président de la communauté de communes Maine 301, ne partage pas l’avis de son collègue fertois. «Nous n’avons pas de souci au niveau de la communauté de communes pour obtenir un prêt. De toute façon, nous ne faisons quasiment jamais d’emprunt et si nous devions en solliciter un, nous n’aurions pas de problème», explique celui-ci.
L’actuel grand chantier intercommunal est celui de la construction de locaux pour le centre de loisirs et l’autofinancement a été privilégié pour boucler le budget.
A bout de souffle ?
Dans sa commune, Jean-Pierre Vogel a récemment contracté un emprunt. «C’était pour le restaurant scolaire et là encore, nous n’avons pas eu de souci».
Le maire de Beaufay explique cette situation de la manière suivante : «la commune n’est pas riche mais elle a une capacité d’épargne significative car les frais de fonctionnement sont restreints».
Pour autant, le premier magistrat ne nie pas que certaines mairies puissent être en difficultés. «Les collectivités sont cotées par les banques. Certaines sont peut-être à bout de souffle».
Raisonnable
Alain Grémillon, le maire de Lombron, est dans la même situation que son homologue de Beaufay. «Nous n’avons pas de problème pour obtenir un prêt. Dernièrement, nous en avons sollicité un pour le restaurant scolaire. Nous avions besoin de 200 000 euros et nous avons eu un taux intéressant».
Le maire n’a pas de crainte pour l’avenir. «Nous avons des prêts qui se terminent. On verra si nous devons en solliciter d’autres pour financer des projets mais cela ne devrait pas poser de difficultés».
Alain Grémillon est lui aussi persuadé que les banques ne doivent pas durcir leurs conditions d’accès aux prêts pour les collectivités. «Ce ne serait pas une bonne idée qu’elles coupent le robinet des prêts. Les banques en prêtant aux collectivités sont certaines d’être remboursées».
Pour lui, «c‘est peut-être aux mairies de demander des prêts sur de moins longues durées et de veiller à s’endetter raisonnablement».


