La Ferté-Bernard : les Restos du cœur craignent une rupture de stock

Les bénévoles fertois doivent aider de plus en plus de familles.
En cette période de fêtes de fin d’année, l’appel a retenti sur toutes les ondes : les Restos du cœur tirent la sonnette d’alarme. Pour offrir des repas à des bénéficiaires de plus en plus nombreux, l’association créée par Coluche aurait besoin sur l’ensemble de la France, de plus de cinq millions d’euros pour maintenir ses stocks et être à la hauteur de la demande. Depuis les locaux de l’avenue Georges-Desnos, Guy Nouet, le président des Restos du cœur de la Ferté confirme la tendance. Un mois après l’ouverture de la campagne d’hiver, le nombre de personnes inscrites est en hausse sensible : « l’an dernier, nous avions déjà connu une augmentation, et cette année, nous atteignons les 110 familles inscrites pour un total de 200 repas servis six jours par semaine, soit une hausse de 18 % » note le responsable fertois.
Pour ce dernier, une nouvelle augmentation des bénéficiaires est également à prévoir dans les mois et semaines à venir : « On fait des inscriptions deux fois par semaine. Avec la conjoncture et les plans sociaux qui se préparent, on aura sans doute de nouveaux arrivants. Si ça continue à ce rythme-là, on aura fatalement des problèmes d’approvisionnement ».
Inquiétude
L’inquiétude de Guy Nouet rejoint celle du président national des Restos du Cœur, Olivier Berthe, qui a enregistré 5 a 8 % de demandes supplémentaires et qui ne sait pas comment faire face.
Pour l’instant, l’antenne de la Ferté continue pourtant de bénéficier des stocks nationaux. La dotation nationale qui arrive à Coulaines, au fur et à mesure de la campagne, est redistribuée par le centre des impôts vers tous les centres de la Sarthe. L’antenne de la Ferté peut également compter sur la ramasse, ou collecte des invendus, pratiquée dans chaque antenne et redistribuée ensuite dans tout le département : « de ce côté-là, ça va » observe Guy Nouet. « À la Ferté, on a une ramasse un peu équilibrée, avec des commerçants qui nous fournissent du pain. Le bassin industriel nous sauve un peu. La générosité des grandes surfaces également, Leclerc, Prestige de la Sarthe, Intermarché et Carrefour Market donne régulièrement. Mais si le nombre de demandeurs augmente, on n’est pas certain d’avoir autant de denrées dans l’avenir…Le problème, c’est que les gens qui viennent ici ont déjà les minima sociaux. Ils ne peuvent pas se nourrir autrement ».
En 2010, les Restos du Cœur ont servi en France 109 millions de repas à 860.000 bénéficiaires, pour environ un euro le repas. Sur les trois dernières années, et sur le plan national, l’association a constaté une hausse de 25 % des demandes, en raison notamment de la hausse du chômage.


